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Ma ville à travers le regard des autres

Juan Cueto Alas a écrit : « Il y a très peu de villes d’Europe Atlantique, et, je suis au regret de le dire, des Amériques de l’autre rive, qui puissent se permettre le luxe de débuter une anthologie de textes par Strabon, Pomponius Mela et Ptolémée et de la conclure par Enzensberger, Cabrera Infante et Sabina ». Ces mots sont extraits de la présentation du livre Escrito sobre Gijón (Écrit à propos de Gijón), un ouvrage publié en 2002 qui recueille une sélection de textes concernant Gijón élaborée par l’éditeur et écrivain José Antonio Mases.

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Escrito sobre Gijón est un miroir de lettres dans lequel nous voyons comment d’autres nous voient et nous ont vu au fil des siècles. Le très large éventail d’auteurs défini par Juan Cueto Alas inclut un grand nombre de ceux qui ont traité de Gijón en anglais, en français et en allemand. Nous allons ainsi extraire de l’œuvre de chacun d’entre eux un échantillon de ce qu’ils ont vu et écrit à propos de Gijón : « La ville possède un peu plus de six-mille habitants et est ouverte, sans murailles, mais elle est illustre en raison de son ancienneté et de son histoire […] et c’est la plus jolie des Asturies », tels sont les mots écrits par Jacques Gay, voyageur et botaniste français qui a visité les Asturies en 1835. Un autre français, l’hispaniste Alfred Germond de Lavigne, a déclaré, à peu près à la même époque que Jacques Gay, que « le port de Gijón est le meilleur de toute la côte ; l’entrée en est facile par tous les temps, et le fond en est bon ».

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Comme le raconte José Antonio Mases dans sa compilation, le XIXe siècle a été plutôt riche en visites de voyageurs étrangers dans les Asturies. Les britanniques Mars Ross et H. Stonehewer-Cooper comparent ainsi Gijón à Cardiff, la capitale du Pays de Galles, « un important centre commercial et industriel, comme tout le monde le sait, depuis le milieu du XIXe siècle », précise Mases. Un autre britannique, le marin Samuel Edward Cook, se montre davantage passionné par Oviedo que par Gijón, tout comme l’hispaniste Walter Starkie, qui n’a rien visité d’autre que la Chambre Sainte de la Cathédrale d’Oviedo. Ces quelques égarements ont été compensés plus de cent ans plus tard par l’écrivain américain Jerome Charyn, qui, invité lors de la Semaine Noire, est tombé sous le charme de Gijón et a écrit « je soupire et je pense qu’il existe encore un endroit dans le monde qu’Hollywood n’a pas atteint ».

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Comme vous le voyez, il y en a pour tous les goûts, et dans toutes les langues. Grâce à José Antonio Mases et au livre Escrito sobre Gijón, nous pouvons maintenant remettre en ordre quelques-unes des idées émises à propos de notre caractère et de notre ville par ceux qui sont venus, ont vu et ont écrit.

Joseph Townsend. Voyage dans les Asturies en 1786 (Traduction de J.-P. Pictet-Mallet). « De Carrio, nous allâmes promener à Gijón, port de mer considérable, que les Anglais fréquentent pour y acheter des noisettes et des châtaignes ».

Jacques Gay (1835). « Les promontoires de San Lorenzo et de Torres […] forment une vaste anse, plutôt profonde, et, au milieu de celle-ci, une petite langue de terre, dénommée Pointe de Santa Catalina, s’enfonce dans la mer ».

George Borrow (1842). « Oviedo se trouve à trois lieues de Gijón ».

Alexander Holinski (1843). « Ses rues [de Gijón] sont bien tracées, larges et propres pour une ville espagnole ».

Émile Bégin (1850). « Gijón a quelque importance commerciale, artistique et littéraire. Son industrie est alimentée par des forges et des fonderies en cuivre, par une exploitation de charbon de terre, par des fabriques de chapeaux, de poteries, de toiles, etc. ».

Alfred Germond de Lavigne (1859). « Elle présente, à marée basse, de belles plages où se promènent les nombreux visiteurs qui, pendant la belle saison, viennent à Gijón prendre les bains de mer ».

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Mars Ross et H. Stonehewer-Cooper (1885). « L’un des principaux monuments de Gijón est l’Institut Asturien, fondé par un authentique patriote et bienfaiteur espagnol dénommé Gaspar Melchor de Jovellanos […]. La bibliothèque de cet institut est plutôt bonne et sa collection de dessins originaux mérite d’être étudiée ; néanmoins, cette collection est très mal classée. Murillo, Ponterello, Salvator Rosa, Albrecht Dürer et Velázquez y sont représentés ».

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Charles L. Freeston (1930). « […] Si vous avez suivi la route côtière depuis Ribadesella au lieu de visiter Covadonga, Gijón peut être le lieu adéquat pour passer la nuit, car ce sujet requiert une précaution particulière dans une région où les hôtels ne foisonnent pas ».

Hans Magnus Enzensberger (1989). « Il fait déjà nuit. Il bruine. Les commerces ont baissé leur rideau. Les cafés de la rue Corrida se sont tus. […] Seuls deux personnages restent immuables sous la pluie persistante. L’un empoigne une épée et une croix, l’autre un livre. Il s’agit des deux patrons de Gijón : Don Pelayo, le monarque qui a expulsé les Musulmans des Asturies, et Jovellanos, l’écrivain des Lumières ».

Craig P. Kiner (1995). « Les conditions environnementales et climatiques créent une atmosphère particulière dans la région et dans la ville de Gijón elle-même. Parmi celles-ci, les plus remarquables sont la qualité et la couleur de la lumière qui baigne la ville ».

Seamus Heaney (1996). « Et ensuite, à minuit, lorsque nous avons commencé à descendre / Vers l’ardente vallée de Gijón, / Vers ses noirs et ses cramoisis, in medias res. »

Sources : Escrito sobre Gijón. Sélection de textes depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Compilation de José Antonio Mases. Prologue de Juan Cueto. Mairie de Gijón/KRK Ediciones. 2002.

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